COUP DE THÉÂTRE

Chers amis, chers contributeurs, chers vous,

Lancer une campagne de financement participatif est pour nous une première, nous qui sommes si attachés à l’auto-production et à l’autonomie… Nous qui, dans nos chemins d’artisans auteurs, accordons tant de valeur au temps, au soin et aux choses faites de nos mains et avec le cœur…

Lancer une campagne de financement participatif, c’est faire le pari de la solidarité, et c’est celui que nous avons fait aujourd’hui avec vous et que nous avons, demain, envie de pouvoir faire avec d’autres… car nous savons tous à quel point il suffit de savoir que c’est possible pour trouver la foi en soi, cette même foi qui permet des miracles et donne naissance à la beauté du Monde.

En lançant ce projet d’édition, nous nous sommes d’abord autorisés à rêver, rêver nos avenirs d’artistes créateurs, rêver un réseau solidaire, rêver une famille artistique et de cœur, rêver un modèle de société où l’entraide et la relation ont une valeur plus grande que les biens de la société de consommation.

Pour donner une forme à ce rêve, nous avons choisi de le mettre en partage, de l’offrir au Monde, à vous… pour lui permettre de s’ancrer dans la réalité.
Pour ce faire, nous avons décidé de nous accrocher à la crinière de notre étoile filante, nommée « Chair à poème », et de synchroniser ce financement participatif avec la diffusion de notre spectacle.

Or, en ce bas monde, où nous n’avons qu’une vie, et toujours pas le don d’ubiquité, nous nous sommes rendu compte que les 24 heures d’une journée ne suffisent pas à être au four et au moulin… surtout lorsqu’on aime passer du temps avec les crémiers et les crémières, et goûter tant la crème que le beurre salé…

Nous sommes une jeune équipe d’utopistes. C’est cela qui fait notre qualité et c’est sûrement pour cela en partie que vous nous aidez.

En avançant sur ce projet, en sillonnant les routes de France et de nos rêves, nous avons compris quelque chose de fondamental, quelque chose que nous savions déjà mais que cette campagne de financement participatif a mis à l’épreuve et a confirmé encore plus fort.
Nous avons besoin de temps, et cela comme une valeur, du temps pour continuer à faire des jolies choses. .. et notre double rêve, celui d’un atelier coopératif ET d’une maison d’édition pour les clowns, a lui aussi besoin de temps pour prendre forme.

De plus, en parlant avec vous, avec nos amis et familles au sens large, nous nous sommes rendus compte que c’est la dimension politique de notre projet qui touche le plus… et que le besoin de solidarité nous semble le plus urgent, le plus brûlant socialement, politiquement.
Cet atelier coopératif d’auto-édition artisanale est un acte nécessaire pour réinventer les modes de production du livre, et donner la parole à ceux qui n’ont aujourd’hui aucune chance d’être édité parce que trop humbles, trop petits, trop militants, trop… engagés à construire un autre Monde.

Quant à la question de l’Art Clownesque, partagée avec des experts et des passionnés, elle nous semble aussi avoir besoin de plus de temps. Pour être ouverte, pour être en capacité de représenter la diversité de tous ceux qui font ces métiers.
Pourquoi le Clown est-il le fer de lance de notre projet solidaire et coopératif ? Parce qu’il est brut, fragile et insaisissable… parce qu’il se tient debout, les pieds ancrés au sol et la tête dans les étoiles, au milieu de la tempête d’une société dont les valeurs le pousse toujours plus à la marge pour le faire disparaître… et pourtant, il est et porte le reflet profond d’une transformation nécessaire et importante pour que notre société retrouve la trace de son humanité, de ses contrastes et de ses fragilités…

Nous rêvons une maison d’édition dédiée aux Arts Clownesques. Oui, à l’image de ceux qui porte ce masque et qui ont pris le temps de la gestation de leur œuvre.

Alors voilà… nous avons décidé d’oser un coup de théâtre, d’oser dire que nous avons besoin de plus de temps, que c’est le prix de la qualité et que cette valeur est pour nous incompressible.

Nous avons décidé de ne porter QUE le projet d’atelier coopératif avec ce financement participatif, révisant la somme demandée de 12000 à 8500 euros…
Bien sûr, la maison d’édition dédiée aux Arts Clownesques reste en ligne de mire, et la suite logique de ce projet d’édition.
Bien sûr, l’atelier coopératif sera le berceau de nos deux premiers livres, ceux là même que nous vous avons promis au titre de contributions.

Entre vous et nous, rien ne change donc. Rien dans l’engagement pris, rien dans l’utopie. Nous ne souhaitons y ajouter que plus de transparence dans notre relation.

Bien sûr ce coup de théâtre nous coûte, intimement, relationnellement, comme toutes les choses qui transforment.

Nous nous donnons donc encore une petite année pour fomenter notre projet de maison d’édition pour les Clowns, nous entourer de partenaires experts et bienveillants, avoir conscience du panorama et des spécificités d’une telle démarche, et faire une série de vidéos déjantées avec notre chair Pouk Personne qui meurt d’envie de crier ce désir de maison au Monde entier… et lorsque nous serons complètement conscients et prêts pour l’offensive, nous relancerons un financement participatif pour cette maison d’édition, pour les Arts Clownesques, en s’appuyant bien franchement sur tous ces quelqu’une et ces quelqu’un.

Mais dans les faits, pour nous non plus ça ne change rien, ni le désir, ni l’engagement, ni les chantiers de construction, ni les étapes d’écriture à venir car le projet de pièce « Chair à poème » et son carnet de création sont déjà en route, dans nos agendas, dans nos petits papiers, et dans nos cœurs.

Nous vous inviterons à nous donner votre avis à la naissance de ceux-ci.
Car vous nous ferez l’honneur d’être nos premiers lecteurs.
Transformons votre soutien en complicité.
Ça vous dirait de faire partie de notre comité de lecteurs ?

Merci d’exister et de croire en nous

Avec tout notre amour
Les Artisans,
Estelle, Rémi et Barbara